Cameroun

Samuel Eto’o dit ses quatre vérités à Patrice Motsepe

Momar Touré3 min de lecture
Samuel Eto’o dit ses quatre vérités à Patrice Motsepe

La dernière réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), qui s’est tenue vendredi dernier à Dar es Salaam, en Tanzanie, a pris une tournure particulièrement tendue, marquée par de vifs échanges et des règlements de comptes sans précédent. Au cœur des débats : une nouvelle fois, l’arbitrage controversé de la CAN 2025 organisée au Maroc, et plus largement une crise de confiance entre dirigeants africains du football.

L’un des moments les plus remarqués de cette assemblée houleuse a été l’altercation verbale entre Samuel Eto’o et Patrice Motsepe. Le premier, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), n’a pas hésité à recadrer fermement le président de la CAF, suscitant surprise et malaise autour de la table. Chez certains observateurs présents ou proche du dossier, on parle déjà d’une confrontation ouverte comme rarement on en a vu dans les instances dirigeantes du football africain.

Selon les confidences rapportées par le journaliste Romain Molina, plusieurs membres du comité exécutif ont ouvertement exprimé leur frustration à l’endroit de Patrice Motsepe, souvent décrit par ses détracteurs comme un président trop discret, quasi absent dans les moments critiques. Cette perception d’un « président fantôme » a fini par agacer profondément certains dirigeants de fédérations, qui estiment que la CAF manque de leadership fort en ces temps de crise autour de l’arbitrage.

Dans ce contexte, la réaction de Samuel Eto’o a retenu toutes les attentions. Connu pour son franc-parler et son tempérament affirmé, l’ancien capitaine des Lions Indomptables du Cameroun a clairement fait part de son ras‑le‑bol. Fatigué selon lui d’être systématiquement mis à l’écart ou relayé à un second plan, il a pris la parole avec émotion pour souligner ce qu’il considère comme un manque de respect à son égard en tant que président de fédération.

« Écoutez, grand frère, vous m’avez demandé de ne rien dire, de rester discret, de bien me comporter. Je me suis conformé à vos souhaits, j’ai gardé le silence… mais aujourd’hui je n’en peux plus. Je suis Samuel Eto’o Fils. Quand je vous appelle, nous devons nous parler de président à président. À chaque fois que je vous contacte, on m’envoie quelqu’un d’autre à votre place. Je refuse ce traitement. J’estime que notre relation doit être directe, respectueuse, entre deux dirigeants de football. Maintenant c’est terminé. »

La réaction d’Eto’o a trouvé un écho chez plusieurs présidents de fédérations présents, qui ont eux aussi fait part de leur mécontentement. Alors que certains tentaient d’apaiser les tensions et de passer à l’ordre du jour, personne autour de la table ne semblait prêt à s’exécuter dans l’immédiat. L’ambiance, déjà électrique, est ainsi restée fortement chargée jusqu’à la fin de la réunion.