CAN 2025 : la décision controversée de la CAF contre Pape Thiaw officiellement confirmé
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La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’est conclue au Maroc par le sacre du Sénégal, vainqueur du pays hôte en finale. Mais au moment où les Lions de la Teranga rentraient au pays avec le trophée continental, une décision de la Confédération africaine de football est venue jeter une ombre sur les célébrations. La CAF a en effet déclenché la polémique en refusant d’attribuer à Pape Thiaw, sélectionneur champion d’Afrique, le titre de meilleur entraîneur du tournoi, une distinction que beaucoup estimaient pourtant méritée.
Une décision d’autant plus difficile à saisir que la CAF a pourtant acté, à travers l’équipe-type du tournoi, la nette domination du Maroc et du Sénégal. Cette sélection idéale, largement monopolisée par les deux finalistes, comprend quatre joueurs de chaque nation. Le Maroc y est représenté par Yassine Bounou, Achraf Hakimi, Noussair Mazraoui et Brahim Díaz, meilleur buteur de la compétition. Le Sénégal, de son côté, place Moussa Niakhaté, Pape Gueye, Idrissa Gana Gueye et Sadio Mané, élu joueur du tournoi. À ces huit éléments s’ajoutent trois Nigérians, dont Victor Osimhen, ainsi que le latéral Calvin Bassey.
Pourtant, c’est bien l’attribution du trophée de meilleur entraîneur qui a suscité la plus vive incompréhension. La CAF a choisi de récompenser Walid Regragui, sélectionneur du Maroc, en dépit de la défaite de son équipe en finale et malgré les critiques ayant accompagné certains choix tout au long de la compétition. Pour justifier cette décision, l’instance continentale a mis en avant « le parcours solide et la maîtrise tactique affichée par le Maroc ». Un argument jugé fragile par de nombreux observateurs, au regard du sacre sénégalais, acquis au terme d’un parcours sans faute et d’une cohérence collective remarquable.
Le cœur de la controverse demeure ainsi l’absence de distinction pour Pape Thiaw, artisan principal du triomphe sénégalais. Le sélectionneur des Lions de la Teranga a su bâtir une équipe jeune, ambitieuse et disciplinée, capable de répondre aux exigences d’un tournoi de très haut niveau. Sa lecture tactique, sa gestion des temps forts comme des moments de tension et sa capacité à faire progresser ses joueurs ont pesé lourd dans l’issue finale de la CAN.
Cette mise à l’écart apparaît d’autant plus injuste que certains estiment que le choix de la CAF a été influencé par l’incident survenu lors de la finale. Face à des décisions arbitrales vivement contestées, Pape Thiaw avait demandé à ses joueurs de quitter la pelouse, un geste qui a profondément divisé l’opinion. Perçu par beaucoup comme un acte de protection et de solidarité envers son groupe, cet épisode semble toutefois avoir pesé négativement au moment de l’attribution des distinctions individuelles, au détriment du technicien sénégalais.
Au final, la CAF a donné le sentiment de privilégier un récit plutôt qu’une réalité sportive. En désignant Walid Regragui, l’instance continentale a relégué au second plan le mérite du champion d’Afrique, privant ainsi Pape Thiaw d’une reconnaissance qui s’imposait naturellement. Une décision qui laisse un goût amer et nourrit le sentiment d’une injustice manifeste envers le sélectionneur sénégalais, dont le travail, comme le sacre, demeurent pourtant incontestables.